Cette entreprise familiale avait traversé les siècles et était reconnue pour sa grande expertise et la qualité de ses prestations, en France comme à l’étranger.
Et pourtant, entre les différentes branches de la famille, ça ne fonctionnait plus, les dissensions se faisaient jour, tout comme les rapports de force et les coups en douce. C’était devenu un panier de crabes.
Comme on dit aujourd’hui avec ce mot à la mode : ils n’étaient plus alignés. Alors qu’il aurait fallu investir, beaucoup préféraient seulement récupérer les dividendes.
Elle sera vendue quelques temps plus tard.
Valérie Tandeau de Marsac, spécialisée dans le conseil auprès des entreprises familiales, a notamment développé la notion d’affectio familiae.
Elle en a fait une clé de lecture pour comprendre le fonctionnement des entreprises familiales.
Valérie a construit la notion d’affectio familiae peut-être par analogie avec un concept du droit des sociétés : l’affectio societatis.
L’affectio societatis désigne la volonté commune des associés de collaborer à un projet économique commun.
Partant de ce socle, on peut penser qu’il n’existe pas non plus d’entreprise familiale durable sans une volonté des membres de la famille d’agir ensemble dans et pour l’entreprise.
Cette volonté est ce qu’elle appelle l’affectio familiae, à savoir le désir partagé de plusieurs membres d’une même famille d’œuvrer ensemble à un projet collectif incarné par l’entreprise.
L’affectio familiae enrichit ainsi l’affectio societatis d’une dimension psychologique et émotionnelle par, entre autres, le sentiment d’appartenance, comme la reconnaissance d’un destin commun et aussi l’acceptation de compromis au nom du collectif. Elle suppose que le projet d’entreprise dépasse les intérêts patrimoniaux individuels
Pour parler en termes architecturaux, l’affectio familiae peut jouer le rôle de clef de voûte de l’équilibre des entreprises familiales et éviter ainsi, les conflits entre branches familiales comme la fragmentation du capital.
Avec l’affectio familiae, on peut améliorer, l’alignement entre la famille et l’entreprise, de même que la vision stratégique de long terme et qui sait, viser une meilleure résilience face aux crises.
La rédaction d’une charte familiale peut aider à construire cette affectio familiae, à condition qu’elle soit bien rédigée conjointement avec l’apport de tous, afin de créer un espace de dialogue structuré.
Ainsi la charte peut notamment révéler ou renforcer des valeurs communes, mais aussi formaliser les règles du jeu, anticiper les conflits et expliciter le projet familial.
D’autres leviers de la gouvernance peuvent être, les conseils de famille, les réunions intergénérationnelles, séminaires familiaux, comme aussi, des projets philanthropiques communs.
Ces dispositifs créent du lien et peuvent leur faire percevoir à chacun l’utilité d’être ensemble.
Ci-dessous la digue de Pors Guen à Plouescat

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